Mes clubs sont les mêmes que ceux joués sur le Tour

MYTHE N°8
MES CLUBS SONT EXACTEMENT COMME CEUX QUE LES PROS  DU TOUR JOUENT

Extrait des 12 Mythes qui pourraient ruiner votre golf , de Tom Wishon


Même….pas….en….rêve.
Les clubs que vous jouez sont les mêmes que ceux des pros, au même titre que la Renault Laguna dans votre garage est la même que la Renault que Sébastien Vettel conduit lorsqu’il pilote sa Formule 1 Redbull Renault.
Je vais utiliser comme exemple une série de Payne Stewart, et je vous garanti que le principe s’applique à tous les pros sur le Tour.
En 1999 j’ai conçu ce qui allait malheureusement devenir la dernière série jouée par Payne Stewart en compétition. L’élaboration de sa série a nécessité, à l’époque, quatre visites à mon atelier, sur une période de six mois.
Payne venait de conclure un contrat avec la compagnie Spalding qui l’obligeait à jouer avec la dernière série moulée qu’il venait de sortir. Il préférait en revanche jouer des têtes forgées en carbon steel.
J’ai toujours gardé certains de mes designs de forgés “brut” dans un coin pour ce genre de “clients”.
Sa première visite avait pour but, pour moi, de comprendre ce qu’il aimait comme design de tête, ce qu’il appréciait ou pas lorsqu’il plaçait la tête de son club à l’adresse derrière la balle.
Ces choix comprenaient : taille globale de la tête, forme de l’arrête, épaisseur de l’arrête, forme du bord d’attaque, forme de la pointe, offset, épaisseur de la semelle, rayon de la
semelle, et de nombreux autres subtils éléments du design de têtes.
Entre la première et la seconde visite j’ai poncé, rempli, modifié, tordu, chaque tête de la série pour que cela corresponde aux attentes et préférences de Payne.
Pendant sa seconde visite, Payne est resté juste à côté de moi pendant que je donnais une forme quasi-définitive à toutes les têtes de la série. Entre chaque modification, il prenait les têtes, insérait un shaft dans chacune d’entre elles, les positionnait à l’adresse, et m’exprimait, du mieux qu’il pouvait, ce qu’il appréciait, ou pas, ou ce à quoi il était indifférent dans le dessin et la forme de chaque tête.
Ces informations m’ont permis de finir d’élaborer la forme de toutes les têtes une fois qu’il est parti. M’appartenait, alors, la responsabilité de modifier et de manipuler certaines variables comme le centre de gravité, en fonction des trajectoires qu’il souhaitait obtenir avec chaque club.
Pendant les visites troisième et quatrième visite, les têtes, presque finies désormais, furent assemblées avec différentes options de shafts.
Payne a alors tapé plusieurs balles avec chaque club, commentant, chemin faisant, sur le ressenti du shaft, de la tête, du poids, etc. Lorsque ses choix ont été finalisés, et qu’il a donné son accord pour chaque club, son travail était terminé, et le mien passa alors à un autre niveau.

Tous les joueurs du Tour exigent deux séries complètes et parfaitement identiques, l’une pour jouer et avec laquelle ils voyagent, l’autre dans l’éventualité catastrophique où leur série serait perdue, ou même éventuellement, volée.
Cette nécessité de monter deux séries identiques était une contrainte énorme pour moi, m’obligeant à réaliser des fiches de fabrication de chaque profil de tête ainsi qu’une multitude d’autres mesures pour être capable de refaire une série à partir de rien, sans club exemple pour me guider dans ma démarche.
Du début à la fin, j’ai sûrement dû passer environ 300 heures sur ces deux séries identiques.
Pour ces golfeurs qui pensent que les pros utilisent tous les mêmes modèles de têtes que celles vendues dans les grandes enseignes, cette anecdote sur Payne Stewart dont j’ai été
l’acteur, est pour moi un rappel constant que c’est tout, sauf vrai.
En 1997 lorsque Lynx, une vieille entreprise dans le golf, glorieuse par le passé, fit faillite, je faisais partie de l’équipe qui négocia le rachat des actifs de Lynx.
Lorsque tous les papiers furent signés, le jour arriva où les semis remorques débarquèrent les actifs physiques de Lynx.
J’ouvris alors un nombre incalculable de cartons remplis de têtes estampillées Lynx.
Alors que je voyais tous ces modèles de têtes et leurs noms familiers, je me rendis compte que les têtes que je tenais dans les mains n’étaient absolument pas les mêmes têtes que les modèles qu’on trouvait à l’époque dans les rayons des grandes enseignes.
L’explication est pourtant simple. Comme pour mon histoire avec Payne Stewart, pendant les nombreuses années où Lynx état en activité, ils avaient sponsorisés un très grand nombre de joueurs, certains faisant désormais parti du Golf Hall of Fame, et qui, pour des raisons personnelles, n’aimaient pas, ou moins, certaines productions, et avaient demandés à la marque de leur confectionner des modèles plus à leur goût.
C’est une chose qu’il faut garder en mémoire la prochaine fois que voyez une publicité impliquant que les clubs que vous jouez ou que vous allez acheter, sont comme les clubs joués par les Pros.
Faites-moi confiance. Ce n’est pas le cas.